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CYBER SECURITE: LE CAMEROUN ENREGISTRE 12 800 CYBER-ATTAQUES

Pour sécuriser son cyberespace entre 2013-2017, le Cameroun a injecté 14 milliards de FCFA, environ 22 millions d’euros. «Internet permet de communiquer avec potentiellement tout le monde et donc n’importe qui. Il est difficile, voire impossible, de vérifier qui se cache derrière un écran ou une identité virtuelle. Les esprits malveillants utilisent la toile et les réseaux sociaux à des fins de propagande, d’escroquerie ou de terrorisme», déclare Minette Libom Li Likeng, ministre des Postes et télécommunications du Cameroun. Les travaux qu’elle a tenus à Yaoundé au début du mois de décembre 2017 visaient à passer en revue le chemin parcouru et trouver des stratégies efficaces adaptées à l’évolution de la menace des cyberattaques.

Pour ce faire, apprend-on, les pouvoirs publics ont mis durant la période sus-évoquée une enveloppe « importante » à la disposition de l’Agence nationale des technologies de l’information et de la communication (ANTIC) afin de financer la réalisation des travaux et à l’achat d’équipements divers, dans le cadre d’un programme de sécurisation du cyberespace camerounais.

A en croire l’ANTIC, une variété d’activités de cybercriminalité est répandue actuellement dans le pays. L’agence liste le ”scamming” (escroquerie financière sur Internet), le ”skimming” (fraude à la carte bancaire), la fraude à la Simbox (boîtier électronique utilisé pour se faire facturer le trafic téléphonique international aux prix du tarif national), le ”Web defacement” (modifications non autorisées de la page d’accueil d’un site web), ou encore le ”spoofing” (usurpation d’identité), entre autres stratégies développées par les hackers.  Par ailleurs, l’ANTIC martèle que le Cameroun dans son ensemble a perdu ces dernières années près de 4 milliards FCFA via le scamming, les structures étatiques camerounaises ont perdu environ 3,7 milliards de FCFA à cause du skimming. En ce qui concerne l’usurpation de profiles Facebook et le cyber chantage, c’est plus de 200 cas qui ont été enregistrés en 2017. Libom Likeng a annoncé que 51% du volume de trafic internet national est lié aux téléchargements illicites. «Dans le cadre des cyberguerres vécues de nos jours, des États attaquent les systèmes d’information d’autres États dans le but de les paralyser. Le piratage des moyens de télécommunication, des infrastructures sensibles comme les aéroports, les gares et les métros, est devenu monnaie courante. Le cyber terrorisme est une menace réelle. Depuis 2013, le Cameroun a connu 12 800 cyberattaques», avait déjà indiqué la ministre de tutelle face aux gouverneurs des dix régions du pays, au cours d’une conférence à Yaoundé, en août 2017.

Des données chiffrées qui inquiètent. Ce d’autant plus que, souffle-t-on, les banques locales sont fréquemment victimes de cyberattaques et préfèrent ne faire aucun bruit sur cette triste réalité. Des textes officiels existent pour punir les contrevenants. « Sur le plan réglementaire, on peut citer l’adoption de trois lois importantes visant à réglementer, à contrôler et à sanctionner les dérives liées à l’usage du cyberespace national. Il s’agit de la loi n° 2010/012 régissant la cybersécurité et la cybercriminalité, la loi n°2010/013 régissant les communications électroniques et la loi n° 2010/021 régissant le commerce électronique, ainsi que de leurs textes d’application », précise la patronne des Postes et télécommunications. D’autres moyens existent. «L’ANTIC dispose en son sein d’un Centre d’alerte et de réponse aux incidents cybernétiques (CIRT), dont la mission est d’assurer la veille sécuritaire sur le cyberespace national en collaboration avec d’autres États.»

Malgré cet arsenal de textes, certains Camerounais excellent dans la cybercriminalité. Ainsi en mars 2017, le FBI est arrivé à Yaoundé rechercher 602 Camerounais qui avaient réussi à extorquer un peu plus de 4 milliards de FCFA à 2700 Américains via Facebook.

Source:https://afrimag.net

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