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LA PUBLICATION D'IMAGE À CARACTÈRE SEXUEL D'AUTRUI SANS CONSENTEMENT EST PUNI

Attention à notre façon de nous comporter sur les réseaux sociaux, car très souvent nous pouvons être à la base de notre victimisation. C'est le cas de Dame K éducatrice préscolaire dans une école de l'intérieur du pays. Mariée mère de 2 enfants ayant des problèmes avec son époux a trouvé du réconfort sur les réseaux sociaux. Elle a fait la connaissance de BA un jeune soit disant footballeur de 29ans. Très vite le courant passe entre eux et ils se découvrent plein de points communs. Leurs échanges quotidiens vont déboucher sur une idylle virtuelle dans laquelle Dame K semble s'épanouir. Elle n'hésite pas à envoyer des images d'elle dénudée et adoptant des postures très gênantes. Loin de se satisfaire de cet échange virtuel les deux amoureux décident de se voir et de passer à l'étape physique de leur histoire. Histoire qui durera le temps de plusieurs rendez vous dans les hôtels. Cette idylle se compliquera lorsque les problèmes de foyer de Dame K se résolvent. Prise de remords, elle décide de mettre fin à cette infidélité et couper tout contact avec son amant.

Un jour alors qu'elle se préparait à sortir faire des courses, Dame X reçoit des messages de menaces d'un numéro inconnu de son répertoire. Dans le contenu des sms il est écrit que «nous détenons des images nues de vous, nous vous prions de coopérer sinon elles seront diffusées sur tous les réseaux sociaux». Ensuite, elle reçoit un autre message cette fois sur messenger, des photos d'elle en mauvaise posture en dessous desquelles il est marqué «tu vois ce n'est pas de la rigolade». Troublée, prise de panique, elle appelle automatiquement le numéro expéditeur du premier message, mais sans succès. Celle-ci a continué de recevoir des sms dans lesquels il lui était demandé de donner la somme de 150 000f faute de quoi ses photos seront envoyées à tous ses proches (mari, collègues, parents…). Ne sachant quoi faire, elle accepte de donner l'argent mais elle négocie un délai pour réunir cet argent. Car à cette période Dame K venait de perdre un parent ce qui l'avait épuisé financièrement. Pendant la période de semblant de répit, dû au délai qui lui avait été accordé Dame K s'est rappelé qu'elle n'a envoyé ses photos qu'à un seul individu. Ce dernier n'est autre que BA son ex amant.

Dame K décide de porter plainte à la PLCC pour élucider cette affaire. Les investigations de la PLCC avec l'apport technique du LCN ont permis de remonter au propriétaire du numéro et d'interpeller BA.

Il a reconnu les faits lors de son interrogatoire et pour se défendre a jouté l'avoir fait sous l'emprise de la colère. Il avoue qu'il refusait l'idée et n'entendait pas renoncer aux faveurs sexuelles, aussi à l'aide financière importante qu'elle lui apportait.

En définitive, il pourrait être poursuivi pour chantage et menace de publication d'image à caractère sexuel sur internet. Par conséquent il a été déféré devant le Parquet d'Abidjan.